Bibliothèque d’Aššurbanipal

Informations essentielles
Location / Site
Ninive
Ere chronologique
Xe-IVe s. av. J.-C.
Périodes concernées
  • Néo-assyrienne
Éléments identificateurs
  • Mention dans lettres et discours (références externes)
  • Inscriptions (dédicaces, catalogues, règlements)
  • Vestiges architecturaux (vestiges matériels)
Contenu
  • Mathématiques
  • Astronomie
  • Médecine
  • Exorcisme / magie
  • Divination
  • Textes littéraires
  • Textes religieux
  • Textes historiques
  • Inscriptions royales
  • Philosophie
  • Ecrits politiques
  • Textes juridiques
  • Usuels / ouvrages de référence
  • Catalogues
  • Textes scolaires

Presentation

 

Commencée par Assarhaddon et alimentée par son successeur, la bibliothèque dite d’Aššurbanipal rassemble les quelques milliers de tablettes retrouvées sur le site de Ninive, entre le palais du souverain et le temple de Nabu. Cette bibliothèque à usage restreint est composée de textes juridiques et administratifs, de tablettes scolaires ou encore d’inscriptions royales.

Eléments identificateurs

La bibliothèque ne fut jamais désignée comme telle et n’a peut-être même pas été vue comme une collection cohérente. Elle est appelée « Bibliothèque d’Aššurbanipal » à cause de notes scribales retrouvées sur un grand nombre de tablettes scolaires et indiquant une propriété. Rien n’indique que les tablettes non-scolaires (comme les lettres des rois précédents par exemple) aient été considérées comme faisant partie de la collection.

Histoire de la bibliothèque

La bibliothèque telle que nous la connaissons n’est qu’une partie, endommagée de ce qui en resta après la destruction de Ninive en 612 av. J.-C., une génération après la mort d’Aššurbanipal. La plupart des tablettes comporte des notes indiquant qu’elles appartenaient au « palais d’Aššurbanipal ». Nous savons qu’Aššurbanipal a contribué à l’alimentation d’une collection royale préexistante. Son père, Assarhaddon, semble en effet avoir constituer la bibliothèque qu’Aššurbanipal a continuer à alimenter. Quelques tablettes scolaires peuvent être datées de son grand-père et d’autres sont « antiques », mais il est impossible de distinguer les tablettes produites durant le règne d’Assarhaddon de celles produites sous le règne d’Aššurbanipal.

Localisation

Les tablettes de la bibliothèque furent retrouvées sur le tell principal appelé Kuyunjik qui était le cœur de l’ancienne Ninive. La majorité est issue de deux ensembles : un se trouvait au sud-ouest du palais et l’autre dans le palais nord. Les autres proviennent des temples adjacents de Nabu (dieu des écrits) et d’Ištar. Quelques autres enfin furent retrouvées ailleurs sur le tell. Dans la plupart des cas, il est difficile de déterminer leur lieu exact de découverte. Ce dernier n’est pas nécessairement représentatif du lieu de conservation des tablettes pendant la période d’activité de la bibliothèque sous le règne d’Aššurbanipal.

Architecture et aménagements

Il n’y avait pas de bâtiment dédié à la bibliothèque. Les tablettes ont dû être conservées dans le palais. Nous ne connaissons pas leur lieu de conservation exacte, ni quand une tablette a pu être déplacée d’un lieu à un autre. La bibliothèque du temple de Nabu était une petite collection indépendante alimentée par Aššurbanipal lui-même. Aucune preuve de structure de stockage ne fut identifié mais des parallèles suggèrent que des niches ou des étagères aient pu être utilisées.

Insertion de la bibliothèque dans la société

La bibliothèque n’était pas d’accès public. Il s’agissait d’un outil utilisé par le roi pour l’aider à gouverner l’empire. Nous ne savons pas qui d’autre avait accès à la bibliothèque. Les érudits devaient avoir leurs propres collections, beaucoup plus réduites. Nous savons qu’ils faisaient circuler leurs tablettes. Dans la mesure où Aššurbanipal se considérait lui-même comme un scribe, il est possible qu’il ait également participé à cette pratique.

Fonctionnement et activités

Peu de choses sont connues sur le fonctionnement de la bibliothèque. Il existe quelques rares références à la production des tablettes mais rien de plus. Les nouvelles recherches tentent d’éclaircir certains points comme le nombre de scribes responsables de la production de tablettes ou la division des responsabilités.

Contenu de la bibliothèque

Il est difficile d’estimer la taille de la collection car la plupart des tablettes sont fragmentées. Les 32 000 fragments pourraient correspondre à quelques milliers de tablettes scolaires, 1 000 inscriptions royales et 5 000 textes juridiques et administratifs. La majorité des tablettes scolaires se compose de présages de toutes sortes. Alors que les textes littéraires sont divisés en 7 ou 12 chapitres, par exemple, une série divinatoire peut contenir jusqu’à 120 chapitres. Il y a aussi des textes de culte, des prières et des rituels pour la protection spirituelle ainsi que des textes médicaux pour la protection physique. La bibliothèque possède également des textes ésotériques rares.

Liens avec d’autres bibliothèques ou centres de savoirs

Aššurbanipal a rassemblé une collection variée. Des tablettes furent produites spécifiquement pour sa bibliothèque et d’autres proviennent de collections préexistantes. Une grande partie des tablettes collectées l’ont été suite aux conséquences de la prise de Babylone en 648 av. J.-C. Cependant, seules quelques tablettes semblent avoir été prises à chaque scribe et des prélèvements de matériel continuent à être effectué plus tard. Bien qu’il semble y avoir peut de possibilités de refus, la réponse des Babyloniens est décrite comme positive. L’impact de la constitution de la bibliothèque sur la vie intellectuelle est mal connue.

Bibliographie

  • Fincke J., 2004, « The British Museum’s Ashurbanipal Library Project », Iraq 66, p. 55-60
  • Frame G. and A. R. George, 2005, « The Royal Libraries of Nineveh: new evidence for King Ashurbanipal’s tablet collection », Iraq 67, p. 265-284
  • Parpola S., 1986, « The Royal Archives of Nineveh », in K.R. Veenhof (ed.), Cuneiform archives and libraries: papers read at the 30e Rencontre Assyriologique Internationale, Istanbul (Nederlands Historisch-Archaeologisch Instituut te Istanbul), p. 223–236
  • Reade J.E., 1986, « Archaeology and the Kuyunjik Archives », in K.R. Veenhof (ed.), Cuneiform archives and libraries: papers read at the 30e Rencontre Assyriologique Internationale, Istanbul (Nederlands Historisch-Archaeologisch Instituut te Istanbul), p. 213–222
  • Walker C.B.F., 1987, « The Kouyunjik Collection of Cuneiform Texts: Formation, Problems and Prospects », in F.M. Fales and B.J. Hickey (eds.), Austen Henry Layard tra l’Oriente e Venezia, Venezia, 26-28 ottobre 1983, Rome, p. 183–193

Auteur

Jonathan Taylor

Notice

Titre : Bibliothèque d’Aššurbanipal
Auteur : Jonathan Taylor
Sujet : Bibliothèque
Description : Mathématiques, Astronomie, Médecine, Exorcisme / magie, Divination, Textes littéraires, Textes religieux, Textes historiques, Inscriptions royales, Philosophie, Ecrits politiques, Textes juridiques, Usuels / ouvrages de référence, Catalogues, Textes scolaires
Editeur : Verdellet, Cécile
Date : juin 2019
Type : Bibliothèque / Dans sanctuaire / Dans palais / Privée
Format : Texte & Images
Source : Mention dans lettres et discours (références externes) / Inscriptions (dédicaces, catalogues, règlements) / Vestiges architecturaux (vestiges matériels)
Langue : French
Relation : http://nimrod.huma-num.fr/sites/ninive/
Droits : CC by NC - SA
Couverture :

Irak / province de Ninive

/ Xe-IVe s. av. J.-C. / Néo-assyrienne