Bibliothèque de C. Stertinius Xenophon

Informations essentielles
Location / Site
Cos
Ere chronologique
IVe s. av.-Ier s. ap. J.-C.
Périodes concernées
  • Romaine impériale (Orient)
Éléments identificateurs
  • Inscriptions (dédicaces, catalogues, règlements)

Presentation

 

L’un des plus illustres citoyens de Cos au Ier siècle ap. J.-C. était sans conteste C. Stertinius Xenophon, qui fut le médecin personnel de l’empereur Claude. Il offrit plusieurs édifices à sa patrie, parmi lesquels une probable bibliothèque, que l’on a proposé de localiser dans le sanctuaire d’Asclépios.

Eléments identificateurs

L’existence d’une bibliothèque dans l’Asclepieion de Cos a été déduite d’une inscription fragmentaire, mentionnant la dédicace par C. Stertinius Xenophon d’un édifice. L’identification de cet édifice avec une bibliothèque repose sur la large restitution de ce mot dans l’inscription (seules les deux premières lettres sont partiellement lisibles).

Le bâtiment D, sur la terrasse intermédiaire du sanctuaire, a parfois été associé à cette inscription, en raison des niches retrouvées dans ses murs latéraux.

Histoire de la bibliothèque

L’inscription retrouvée est liée à la construction (ou la rénovation ?) d’un édifice, dédié à la cité de Cos et aux Augustes par C. Stertinius Xénophon. Ce dernier était bien connu par de multiples inscriptions. Riche citoyen de Cos, il fit carrière à Rome au Ier s. ap. J.-C. et fut notamment le médecin personnel de l’empereur Claude.

Localisation

L’inscription a été découverte lors des fouilles de l’Asclepieion de Cos au début du XXe s. Il semblerait qu’elle provienne de la terrasse inférieure du sanctuaire. Cependant, son emplacement exact et les circonstances de sa découverte restent vagues et ne permettent pas de préciser si elle était encore dans son emplacement d’origine ou si elle avait été déplacée.

Architecture et aménagements

La seconde phase du bâtiment D, sur la terrasse intermédiaire de l’Asclepieion, a parfois été identifiée à la bibliothèque.

Cet édifice comprenait deux salles allongées ouvrant sur un portique. Sa première phase architecturale remontait au début de l’époque hellénistique. Il s’agissait alors vraisemblablement de salles de banquet (hestiatorion).

À l’époque impériale, le portique fut transformé en un vestibule fermé, et les deux salles furent raccourcies. Leurs murs, épaissis, étaient percés de plusieurs niches : trois niches quadrangulaires de 50 cm de profondeur dans les murs latéraux extérieurs, une niche de part et d’autre du mur séparant les deux salles, et une niche semi-circulaire dans leur mur de fond. L’identification de l’édifice avec une bibliothèque repose sur ces niches. Néanmoins, deux objections à cette identification subsistent :

  • la reconstruction romaine du bâtiment a généralement été datée du IIe ou même du IIIe ap. J.-C., soit plus d’un siècle après la dédicace de Xénophon.
  • la forme même des salles, avec leurs niches latérales, peut certes rappeler certaines bibliothèques romaines, mais on la retrouve également dans d’autres constructions, notamment des salles destinées au culte impérial. De plus, la fermeture du vestibule irait plutôt à l’encontre des parallèles connus de bibliothèques.

Insertion de la bibliothèque dans la société

Il s’agit d’un édifice offert à la cité par un riche citoyen. Sa construction (ou sa rénovation) s’inscrivait donc directement dans la pratique de l’évergétisme, qui permit l’embellissement et la monumentalisation de nombreux centres religieux et civiques aux époques hellénistique et romaine.

Fonctionnement et activités

Non connus.

Contenu de la bibliothèque

Non connu

Liens avec d’autres bibliothèques ou centres de savoirs

Parfois rapprochée de manière assez hasardeuse de la bibliothèque publique qui existait à Cos dès le IIe s. av. J.-C.

Bibliographie

  • Coqueugniot G., 2010, ‘Des bibliothèques pour le public… et à la gloire de leurs fondateurs : Les motivations des fondateurs de bibliothèques dans les provinces orientales de l’Empire romain, de César à Hadrien’, in Perrin (ed.), Neronia VIII. Bibliothèques, livres et culture écrite dans l’empire romain de César à Hadrien. Actes du VIIIe colloque international de la SIEN (Paris, 2-4 octobre 2008)collection Latomus 327, Bruxelles, p. 41-53.
  • Ehrhardt W., 2014, ‘Ergebnisse des DFG-Forschunsprojektes zum Asklepieion von Kos in den Jahren 2010-2013 : Ein Resümee’, Kölner und Bonner Archaeologica 4, p. 75-107.
  • Frija G., 2010, Prosopographie des prêtres du culte impérial dans les cités de la province romaine d’Asie (online : http://www.pretres-civiques.org).
  • Livadiotti M., 2013, ‘Lo hestiatorion dell’Asklepieion di Kos’, Thiasos 2.2, p. 39-58 (online).

Auteur

Coqueugniot Gaëlle

Notice

Titre : Bibliothèque de C. Stertinius Xenophon
Auteur : Coqueugniot Gaëlle
Sujet : Bibliothèque contestée
Editeur : Coqueugniot Gaëlle
Date : mai 2018
Type : Bibliothèque contestée / Dans gymnase / Dans sanctuaire
Format : Text & images
Source : Inscriptions (dédicaces, catalogues, règlements)
Langue : French
Relation : http://nimrod.huma-num.fr/sites/cos/
Droits : CC by NC - SA
Couverture :

Grèce, Dodécanèse

/ IVe s. av.-Ier s. ap. J.-C. / Romaine impériale (Orient)